Biais cognitif de négativité : on essaie de s’en débarrasser ?

Connaissez-vous ce biais de notre cerveau qui nous fait plus facilement retenir les événements négatifs et minimiser les événements neutres ou positifs ? Qui plus est, il engendre une tendance à nous habituer au positif jusqu’à finir par ne même plus le remarquer, jusqu’à lui ôter sa saveur. Le biais cognitif de négativité a un impact sur nos joies quotidiennes, sur notre bonheur chaque jour. Il est donc important de le connaître ! Je vous en parle ici et vous livre des conseils pour limiter son effet.  

Biais cognitif de négativité : on essaie de s’en débarrasser ?

Impact du biais cognitif de négativité dans notre vie

Origine du biais de négativité

J’ai déjà évoqué avec vous ces raccourcis de notre cerveau que sont les biais cognitifs, notamment avec cet article sur le biais de confirmation. Aujourd’hui, nous nous penchons sur un autre qui est très courant : le biais de négativité. Ce biais remonte à l’origine de notre fonctionnement, alors que nous étions encore des femmes et des hommes des cavernes. Nous devions alors être attentifs à tous les dangers autour de nous, parce que seuls les plus vigilants pouvaient survivre. Ceci n’est plus très utile aujourd’hui, ou tout du moins, plus autant. Cependant, nous n’avons pas beaucoup évolué… De plus, comme tous les biais cognitifs, le biais de négativité nous permet de gagner du temps lorsque nous devons prendre une décision rapidement. Malheureusement, il peut aussi nous faire, justement, ne pas suffisamment analyser la situation avant de décider.

Négativité dans notre société

Ce phénomène est d’ailleurs très utilisé autour de nous, dans les actualités par exemple. Remarquez-vous des informations positives ? Pas très souvent. Notre société a même tendance à taxer les plus optimistes d’entre nous de naïfs, éloignés de la « réalité ».

Pour ma part, ma croyance est plutôt que la meilleure façon de survivre à notre époque très anxiogène, est au contraire de regarder le positif et de tenter de déjouer notre négativité.

Négativité dans notre quotidien

Ce biais ne se constate cependant pas qu’à l’échelle de la société dans sa globalité. On le retrouve également à l’échelle de chaque individu. Prenez par exemple votre journée d’hier. Que pouvez-vous m’en dire ? De quoi vous souvenez-vous ? Plutôt de la remarque de votre collègue sur ce dossier qu’elle considère mal ficelé ? Ou encore cette « bonne amie » qui vous fait remarquer que vous avez pris du poids et devriez faire plus attention ? Est-ce que cela vous a trotté en tête pendant des heures, prenant toute la place dans votre espace mental ? Est-ce que du coup vous avez su faire de la place à ce doux soleil que vous avez senti sur votre visage en rentrant chez vous à pieds ? Ou bien au sourire de la vendeuse à la boulangerie ? Ou encore à la joie de votre fils en vous annonçant qu’il a passé un bon moment avec son meilleur copain à la récré ? Ce qui arrive le plus souvent, c’est que nous sommes obnubilés par ce qui ne va pas, n’est-ce pas ?

Vision partielle de la réalité

En se focalisant sur le négatif, sur ces 50 % d’éléments désagréables dans nos vies, ce biais masque les 50 % d’éléments agréables. Parce que oui, statistiquement, c’est ainsi que ça fonctionne. Nous vivons en moyenne moitié d’événements, d’émotions, de sensations désagréables, et moitié d’agréables. Bien sûr, vous n’êtes pas obligés de me croire. Mais c’est ce que je peux constater et observer dans mon quotidien et dans celui des personnes que j’accompagne. Je vous conseille de prendre réellement le temps de vous poser la question, car c’est une question intéressante. Ne pas prendre en compte à la juste valeur 50 % de ce que nous ressentons, ce n’est pas anodin, vous en conviendrez.

Comment déjouer ce biais cognitif ?

Alors du coup, comment faire pour déjouer ce biais de négativité ? Je vous rassure, avec un peu de travail, c’est possible.

1) Prendre conscience des règles et habitudes de notre cerveau

La première action est de prendre conscience que ce biais cognitif existe et qu’il est naturel. Ce qui est rassurant, c’est que c’est normal : c’est ainsi que notre esprit fonctionne ! Il s’évertue à nous mettre en garde contre les dangers, et donc, à nous maintenir en sécurité. Il voit des dangers partout d’ailleurs… même là où il n’y en a pas. Il s’évertue à créer des règles, qui se rigidifient au fil du temps, et finissent pas nous enfermer.

Par exemple, dans ce qui régit notre façon de nous alimenter… Avez-vous des règlements internes à ce propos ? Cela peut être par exemple :

  • « Il ne faut pas manger de féculents le soir ».
  • Ou encore : « Il ne faut pas grignoter entre les repas. »
  • Ou bien un dernier : « Le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée » !

Comme je l’ai évoqué dans cet article sur les règles de vie : interdire ne fonctionne pas. Surtout quand la règle vient d’on ne sait où et a été édictée par je ne sais qui. Prenons l’exemple du petit-déjeuner. Cette affirmation est apparue au début du 20e siècle dans l’article d’un magazine de santé américain. Il a été écrit par une diététicienne très proche du Dr Kellogg… Vous voyez arriver le truc gros comme une maison ? La multinationale est arrivée en France en 1968, apportant du coup ces idées sur l’importance de consommer des céréales au petit-déjeuner, au hasard, par exemple, des corn flakes. Sur ce sujet, je vous recommande cet article de Libération du 9 juin 2019. J’ai pris cet exemple pour que vous puissiez vous rendre compte que certaines règles que vous vous fixez, que ce soit concernant l’alimentation ou tout autre domaine, ne sont peut-être pas les vôtres. Il est important d’y réfléchir avant de les rendre immuables.

2) Rééduquer notre cerveau

Mais revenons-en au biais de négativité ! Une fois que vous avez compris et constaté son existence et sa raison d’être, vous pouvez commencer à entraîner votre cerveau à prendre également en compte le positif. Pour cela, il faudra l’entraîner, quotidiennement, à se focaliser aussi sur les bonnes choses, sur l’agréable, sur ce qui fonctionne, sur ce qui nous procure de la joie et du plaisir. Essayer de faire cette démarche consciente, à chaque fois que vous constater que vous ressentez de la joie ou du plaisir, d’en prendre acte, d’en profiter pleinement et de ne pas vivre cela comme si c’était banal et anodin.

3) Tenir un journal des bonnes nouvelles

Pour vous aider à faire de cette démarche une habitude, je propose souvent un exercice dans mes accompagnements : il s’agit du journal des bonnes nouvelles personnelles. Prenez un temps chaque jour et efforcez-vous de noter au moins 3 choses agréables que vous avez vécues dans votre journée. Je conseille de ritualiser cette action. Le faire chaque soir, juste avant de vous coucher par exemple, peut être une bonne idée.Je précise que vous n’avez pas besoin de trouver des choses extraordinaires, vous n’avez pas à réussir un examen ou à avoir une augmentation chaque jour ! Mais je suis certaine que vous pouvez vous remémorer, comme je l’écrivais plus haut, le sourire de la boulangère qui vous a procuré une émotion agréable, ou encore la sensation de l’eau chaude sur votre peau lorsque vous avez pris votre douche ce matin et qu’il faisait froid, ou bien encore, le chant de cet oiseau entendu au détour d’une rue… Je suis certaine qu’en prenant votre temps, vous allez trouver. Il est possible que ce soit difficile au début, et même plus tard, mais persévérez. Que se passera-t-il, au bout de quelque temps ? Vous constaterez que vous saurez goûter à ces émotions, sensations ou pensées positives au moment même où elles se produiront. Vous en profiterez mieux. Vous cultiverez un cercle vertueux qui vous conduira à envisager petit à petit votre quotidien sous un autre angle.

Peut-être prendrez-vous la décision de moins écouter ou lire les informations anxiogènes de l’actualité ? Peut-être déciderez-vous de prendre ce temps pour autre chose, et peut-être même pour prendre soin de la relation avec vous-même ? Qu’en pensez-vous ? N’oubliez pas de nous raconter !

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